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 1967

  Cette année marque un tournant.

 

- les propos de Mgr Bugnigni :

  Le P. Annibale Bu­gnini, sous-secrétaire de la Congrégation des Rites et secrétaire du « Consilium » de liturgie, avait expliqué sans ambages ce qu'on était en train de faire. « Il s'agit, disait-il, d'une restauration fondamentale, je dirais presque d'une refonte et, pour certains points, d'une véritable nouvelle création ».

 

- la missa normativa :

  Un nouveau formulaire de messe a été expérimentée à la chapelle Sixtine, le 24 octobre, et soumise à l’approbation des évêques présents : cette expérience fut repoussé par 74 voix pour, et un total de 105 voix contre. Hors c’est cette messe qui a été promulgué 2 ans plus tard.

   

3 avril 1969

 

Constitution Apostolique Missale romanum de Paul VI approuvant une nouvelle messe (sans la promulguer encore). (Pour rappel, Bugnini a dit en parlant de Paul VI : "on a toutes les peines pour obtenir sa signature !")

  19 juin 1969

 

Note du conseil permanent de l’épiscopat introduisant en France la communion dans la main.

  Septembre 1969

 

Lettre des cardinaux Ottaviani et Bacci présentant à Paul VI un Bref examen critique de la nouvelle messe et demandant l’abrogation de cette messe nouvelle [1]. (Mais Paul VI ne pouvait plus rien car Bugnini et Villot étaient déjà aux manettes...)

 

20 octobre 1969

 

Circulaire du Saint-Siège sur l’application progressive de la constitution apostolique Missale romanum.

  12 novembre 1969

 

Ordonnance de l’Episcopat français rendant obligatoire, à partir du 1er janvier 1970, la célébration de la nouvelle messe et l’utilisation de la traduction française établie par la commission épiscopale.

 

Cette ordonnance soulève quelques difficulté d’un point de vue juridique : en effet l’épiscopat français y prétendait décider lui-même, en ne se référant qu’à son propre pouvoir, le changement de rite en France. Il n’invoquait ni la constitution apostolique Missale romanum, ni la circulaire romaine du 20 octobre 1969.

 

Par cette ordonnance, l’épiscopat français interdisait, en fait, à partir du 1er janvier 1970, le rite traditionnel de la messe et, quel que soit son rite, le latin à la messe.

 

Novembre 1969

 

Le 19 novembre, il constate que le « changement » opéré par l'introduction du nouveau rite « a quelque chose de surprenant, d'extraordinaire, la messe étant considérée comme l'expression traditionnelle et intan­gible de notre culte religieux, de l'authenticité de notre foi ». Mais il demande « que soit bien entendu que rien n'est changé dans la substance de notre messe traditionnelle ».

 

(se reporter au désarroi de Paul VI à la perte du latin et du grégorien  dans l'article "désarroi de Paul VI")

 

  26 mars 1970

 

Décret de la congrégation romaine du culte divin promulguant l’édition dite "typique" (c’est-à-dire officielle) de la nouvelle messe (en latin). L’épiscopat français, comme on l’a vu, n’avait pas attendu cette promulgation officielle pour en rendre obligatoire une traduction à sa façon.

 

9 juin 1971

 

Déclaration du cardinal Ottaviani (publiée dans l’hebdomadaire Carrefour par Louis Salleron qui est allé à Rome interviewer le cardinal) : "Le rite traditionnel de la messe selon l’Ordo de saint Pie V n’est pas, que je sache, aboli".

 

14 juin 1971

 

Notification de la congrégation romaine du culte divin pour la mise en place de la nouvelle messe (notification superfétatoire pour la France où les évêques ont déjà devancé et dépassé Rome).

  Novembre 1971

 

Le cardinal Heenan, à la demande de la Latin Mass Society, "association pour le rite tridentin" (adhérente à la Fédération internationale Una voce), fait connaître l’autorisation donnée par Paul VI aux Anglais d’utiliser occasionnellement le rite traditionnel de la messe : c’est ce qu’on a appelé l’indult Agatha Christie.

 

Janvier 1973

 

"Mise au point" de Mgr Adam, évêque de Sion (Suisse), affirmant qu’"il est interdit, sauf indult, de célébrer selon le rite de saint Pie V, qui a été aboli (sic) par la constitution Missale romanum du 3 avril 1969". Mgr Adam précise : "La présente déclaration est faite sur renseignement authentique et indication formelle de l’Autorité."

 

Juillet 1973

 

Communiqué de l’Assemblée plénière des évêques suisses : "Il n’est plus permis de célébrer la messe selon le rite de saint Pie V."

 

Octobre 1973

 

Au nom de Mgr Badré, évêque de Bayeux et de Lisieux, le doyen d’Orbec publie un communiqué affirmant : "Le souci d’obéissance à l’Eglise interdit de célébrer la messe selon le rite de saint Pie V dans quelques circonstances que ce soit."

 

14 novembre 1974

 

Communiqué de l’Épiscopat français qui, pour la première fois, cinq ans après coup, déclare explicitement interdite la messe traditionnelle (l’ordonnance du 12 novembre 1969 l’avait effectivement interdite, mais implicitement et par voie de conséquence, en rendant obligatoire la messe nouvelle en français).

 

Au communiqué est jointe l’ordonnance épiscopale du 14 novembre 1974, qui «confirme sa décision antérieure", celle du 12 novembre 1969, mais cette fois "en application" de la notification romaine du 14 juin 1971 et non plus de sa propre autorité.

 

11 octobre 1975

 

Lettre du cardinal Villot, secrétaire d’Etat, approuvant, au nom de Paul VI, l’édition française du nouveau missel et assurant que par sa constitution apostolique Missale romanum de 1969, le pape a "prescrit que le nouveau Missel doit remplacer l’ancien". (Qui ne connaît pas la bonne foi de Villot !?..)

 

24 mai 1976

 

Discours consistorial de Paul VI (!??) réclamant que la messe traditionnelle ne soit plus jamais célébrée : "L’adoption du nouvel Ordo Missae n’est certainement pas laissée à la libre décision des prêtres ou des fidèles... Le nouvel Ordo a été promulgué pour prendre la place de l’ancien".

  

[ 1 ]

Saint Père,

 

Après avoir examiné et fait examiner le nouvel ORDO MISSAE préparé par les experts du " Comité pour l'application de la Constitution sur la liturgie ", après avoir longuement réfléchi et prié, nous sentons le devoir, devant Dieu et devant Votre Sainteté, d'exprimer les considérations suivantes :

 

1. Comme le prouve suffisamment l'examen critique ci-joint, si bref soit-il, oeuvre d'un groupe choisi de théologiens, de liturgistes et de pasteurs d'âmes, le nouvel ORDO MISSAE si l'on considère les éléments nouveaux, susceptibles d'appréciations fort diverses, qui y paraissent sous-entendus ou impliqués, s'éloigne de façon impressionnante, dans l'ensemble comme dans le détail, de la théologie catholique de la Sainte Messe, telle qu'elle a été formulée à la XXIIe session du Concile de Trente, lequel, en fixant définitivement les " canons " du rite, éleva une barrière infranchissable contre toute hérésie qui pourrait porter atteinte à l'intégrité du Mystère.

 

2. Les raisons pastorales avancées pour justifier une si grave rupture, même si elles avaient le droit de subsister en face de raisons doctrinales, ne semblent pas suffisantes. Tant de nouveautés apparaissent dans le nouvel ORDO MISSAE, et en revanche tant de choses éternelles s'y trouvent reléguées à une place mineure ou à une autre place, - si même elles y trouvent encore une place, - que pourrait se trouver renforcé et changé en certitude le doute, qui malheureusement s'insinue dans de nombreux milieux, selon lequel des vérités toujours crues par le peuple chrétien pourraient changer ou être passées sous silence sans qu'il y ait infidélité au dépôt sacré de la doctrine auquel la foi catholique est liée pour l'éternité. Les récentes réformes ont suffisamment démontré que de nouveaux changements dans la liturgie ne pourront pas se faire sans conduire au désarroi le plus total des fidèles qui déjà manifestent qu'ils leur sont insupportables et diminuent incontestablement leur foi. Dans la meilleure part du clergé cela se marque par une crise de conscience torturante dont nous avons des témoignages innombrables et quotidiens.

 

3. Nous sommes assurés que ces considérations, directement inspirées de ce que nous entendons par la voix vibrante des pasteurs et du troupeau, devront trouver un écho dans le cœur paternel de Votre Sainteté, toujours si profondément soucieux des besoins spirituels des fils de l'Eglise. Toujours les sujets, pour le bien desquels est faite la loi, ont eu le droit et plus que le droit, le devoir, si la loi se révèle tout au contraire nocive, de demander au législateur, avec une confiance filiale, son abrogation.

 

C'est pourquoi nous supplions instamment Votre Sainteté de ne pas vouloir que - dans un moment où la pureté de la foi et l'unité de l'Eglise souffrent de si cruelles lacérations et des périls toujours plus grands, qui trouvent chaque jour un écho affligé dans les paroles du Père commun - nous soit enlevée la possibilité de continuer à recourir à l'intègre et fécond Missel romain de saint Pie V, si hautement loué par Votre Sainteté et si profondément vénéré et aimé du monde catholique tout entier.

 

Cardinal Ottaviani.

 

Cardinal Bacci

 

 

http://www.salve-regina.com/Liturgie/regard_sur_quarante_ans_crise_liturgique.htm

 

liturgie.jpg

 

Tag(s) : #Liturgie Doctrine

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