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Le retour du Pape Paul VI se prépare.
A San Damiano, Mamma Rosa a dit que "l'Eglise triomphera avec le Pape Paul VI". Marie-Julie Jahenny prophétise la délivrance du Saint Père et le triomphe de l'Eglise. Le Ciel ne revient jamais sur ses promesses. Pourquoi en douter ?

Quand reviendra-t-il ? nous ne le savons pas mais à présent le retour est proche. Seul le pape Paul VI pourra restaurer l'Eglise de Notre Seigneur. L'histoire qui suit, nous réconforte dans cette Espérance et confirme qu'une poignée de prêtres, d'évêques ou de cardinaux suffiront pour aider le Saint Père dans la lourde tâche qui l'attend.

   
Du minuscule clocher qui surmonte la cellule du Monte Murrone s'envolent les sons de la petite cloche saluant Notre Dame dans le ciel bleu de juillet qui étend sa voûte étincelante sur la région montagneuse des Abruzzes.

Il compte déjà quatre-vingts ans, le vieillard maigre et décharné qui, de ses mains flétries, sonne l'Angelus. Ses cheveux et sa barbe hirsute sont blancs comme la neige ; mais dans ses yeux brille la lumière d'une innocence d'enfant. Il y a longtemps qu'il a cessé de compter les années passées dans cette solitude, bien loin des hommes. Dans cette cellule accrochée comme un nid d'hirondelles sur le rocher abrupt il y a déjà quelque chose de l'éternité où l'on ne mesure plus le temps.

Parfois un chasseur ou un pâtre s'égare dans ce désert et apporte des nouvelles du monde. L'ermite Pierre n'écoute qu'à moité, lorsqu'il entend parler de la haine et des discordes humaines. Son âme vit dans un autre monde, rempli d'une paix céleste et, du haut de son ermitage bâti de pierres calcaires brutes, la mêlée engagée dans la vallée lui semble le remue-ménage d'une fourmilière dérangée dans son travail.

Le pieux vieillard n'entend du reste rien aux affaires des grands et des puissants, à la guerre passionnée commencée en Sicile il y a douze ans (...) Le monde entier apparaît à l'ermite comme un théâtre de fous devant lequel on ne peut que hocher la tête.

Pierre laisse glisser, en soupirant, la corde de ses mains, s'assied sur un bloc de rocher et regarde pensivement vers la vallée. Sans cesse il est obligé de songer à l'homme vêtu du pauvre habit des Frères Mineurs qui est monté jusqu'à lui, il y a quelques jours. Il s'appelait Giacopone et était originaire de Todi. Les hommes, dans la vallée, le prenaient pour un fou, mais peut-être uniquement parce qu'ils étaient eux-mêmes des fous. Le moine sanglotait très fort lorsqu'il était entré dans l'ermitage, et comme Pierre lui avait demandé la raison de ses larmes, il avait répondu :

"Je pleure, parce que l'amour n'est pas aimé." Paroles étranges qui ne sortaient plus de la tête de l'ermite. Le visiteur avait raconté des choses épouvantables sur la situation à Rome où pas un homme n'était plus sûr de sa vie, où toutes les rues retentissaient du bruit des armes des partis ennemis ; des palais avaient été incendiés, des églises pillées, de pieux pèlerins dévalisés et tués. Comment pouvait-il en être autrement, dès lors que la chrétienté n'avait plus de pape depuis deux ans passés, parce que les cardinaux ne pouvaient pas se mettre d'accord. Pourquoi aussi ne les avait-on pas enfermés, comme le prescrivait le concile de Lyon, au pain et à l'eau dans un conclave, jusqu'à ce qu'ils soient arrivés s'entendre ?

Le moine avait laissé dans l'ermitage un précieux présent, une feuille de papier sur laquelle se trouvait une séquence en l'honneur de la Sainte Vierge au pied de la Croix. Sans cesse le vieillard relisait les pieux versets qui touchaient profondément son coeur :

"Stabat Mater dororosa
Juxta crucum lacrimosa,
Dum pendebat Filius...
Elle était debout la Mère des douleurs,
Répandant des larmes au pied de la Croix
où pendait son Fils".

Il récite à voix basse toute la séquence et prononce à haute voix le dernier verset qui implore la pitié de la Vierge pour la dernière heure :

"Quando corpus morietur,
Fac ut animae donetur
Paradisi gloria. Amen.
Lorsque mon corps mourra,
Faites qu'à mon âme
Soit donnée la gloire du paradis. Amen"

Elle ne peut plus durer longtemps, l'arrivée de Soeur la Mort qui le conduira de son ermitage dans l'éternelle patrie. Instinctivement il regarde le sentier abrupt comme s'il attendait la messagère céleste. Mais il s'essuie les yeux avec étonnement. Des reflets et des scintillements montent de la vallée, argentés, rouges, dorés. Dieu du ciel, quelle est cette apparition ? Est-il le jouet d'un rêve en plein jour ? Mais voici qu'approchent des chevaliers aux cuirasses étincelantes portant les lis de la maison d'Anjou et au milieu d'eux trois princes de l'Eglise vêtus de pourpre. Des croix d'or brillent sur leurs vêtements de soie. Pierre les regarde avec de grands yeux ; la stupeur l'empêche de se ressaisir, lorsque les trois cardinaux fléchissent le genou devant lui en disant :

"Nous te présentons Pierre de Murrone, les saluts respectueux du Sacré-Collège. Nous sommes venus chercher le pape nouvellement élu, pour son couronnement.

- Le nouveau pape ?" balbutie l'ermite. - Qui est le nouveau pape dont vous parlez ?

- C'est toi que les cardinaux ont élu", répondit le cardinal Pierre Colonna. - Suis-nous à Aquilée où tu recevras ta consécration et la tiare.

- Vous ne parlez pas sérieusement", réplique le vieillard. - Je vous en prie, Mes Seigneurs, ne vous moquez pas d'un vieil homme et de la sainte Eglise."

Mais ce n'était pas une plaisanterie. Le 5 juillet 1293, les cardinaux, réunis en conclave à Pérouse, dans leur incapacité de s'entendre pour unir leur voix sur un seul candidat, avaient élu pape le pieux ermite du Monte Murrone.

Tremblant de douleur et d'indignation, Pierre se refusait à accepter la dignité qui lui avait été conférée ; finalement, toutefois, il se soumit, lorsque les envoyés du Sacré-Collège lui eurent mis sous les yeux le terrible danger d'un nouveau schisme.

Longtemps il garda le silence. Enfin il inclina d'un geste las sa tête grise et dit :

"Que la volonté de Dieu soit faite." Alors les cardinaux se prosternèrent devant lui et baisèrent ses sandales qu'il avait confectionnées lui-même dans une peau d'âne.

La foule se pressait dans les rues d'Aquilée, lorsque le nouveau pape y arriva. Jamais auparavant le monde n'avait vu un tel spectacle : le chef de l'Eglise en robe de bure faisant son entrée, monté sur un âne. Charles II de Naples et son fils Charles-Martel, roi en titre et préttendant à la couronne de Hongrie, conduisaient sa monture par la bride. Des cardinaux et des évêques en soutanes rouges et violettes, des chevaliers et des comtes aux armes d'argent, des choeurs chantant des hymnes l'accompagnent. Quant à la foule, elle lui rend hommage, non pas par de bruyantes acclamations, mais par un silence respectueux, et elle fléchit le genou devant lui comme devant un saint. Le rêve d'un pape pauvre et apostolique, qui brûlait dans les âmes de pieux chrétiens depuis des siècles, paraît s'être réalisé. C'est comme si le Sauveur lui-même entrait de nouveau dans Jérusalem.

Des centaines de milliers de personnes se pressaient autour de l'église où Pierre, le 24 août, reçut la consécration et la tiare ornée d'un cercle d'or. L'Eglise avait un nouveau pape, Célestin V.

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Tag(s) : #Ouvrages - Presse

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