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Voyons les choses dans l'ordre qui convient :
a
vant de parler "richesse", parlons un peu "pauvreté".


"(...)  Ce serait mal l'entendre que de limiter (la pauvreté individuelle) au dépouillement matériel. Il y a des riches qui sont détachés de leurs trésors ; selon la parole de saint Paul, « ils usent des biens de ce monde comme n'en usant pas » ; au milieu de leurs richesses, leur coeur est libre, ce sont de ces pauvres en esprit auxquels le Christ a promis son Royaume. Il y a des pauvres, au contraire, qui convoitent les richesses, et tiennent avec attachement au peu qu'ils possèdent ; leur pauvreté n'est que matérielle. Ces pauvres ont-ils la vertu de leur état , certainement non ! Comme « le Royaume de Dieu est dans notre coeur », c'est surtout dans notre coeur que la vertu de pauvreté se perfectionne et s'épanouit : on peut être pauvre tout en portant des habits de roi. L'homme parfaitement pauvre sera prêt à ne rechercher que Dieu seul : c'est là, ne l'oublions jamais, le but : chercher Dieu et le chercher dans la sincérité de notre coeur, c'est-à-dire uniquement : si vraiment il cherche Dieu.

Or, la pratique de la vertu de la pauvreté est inséparable de celle de l'espérance sous une forme élevée.

Qu'est-ce en effet, que l'espérance ? C'est une habitude surnaturelle qui incline l'âme à regarder Dieu comme son unique Bien, et à attendre de lui toutes les grâces nécessaires pour arriver à la possession de ce Bien suprême : « Vous êtes, Seigneur, la part qui m'échoît en héritage ». (Ps 15,5) Quand la foi est vive dans l'âme, elle lui fait comprendre que Dieu dépasse infiniment tous les biens de la terre ; comme le dit saint Grégoire (...) « toute créature paraît peu de chose à l'âme qui contemple le Créateur » ; La foi nous montre dans la possession parfaite de Dieu cette perle précieuse dont parle l'Evangile ; (Mt 13, 46) pour l'acquérir, nous vendons tout, nous quittons tout ; c'est un hommage rendu à la bonté et la Beauté divines. La foi s'épanouit dans l'espérance; L'âme est tellement éprise de Dieu qu'elle ne veut plus aucun autre bien, et que la privation de tout autre bien que Dieu ne la trouble pas, « mon Dieu et mon tout » : (Saint François d'Assise). Mon Dieu, vous êtes tellement tout pour moi que je n'ai besoin de rien d'autre que vous ; je ne veux que vous, je ne supporterai pas d'avoir quelque chose en dehors de vous pour y attacher mon coeur ; vous seul me suffisez, car « qu'y a-t-il pour moi au ciel et que puis-je désirer sur la terre en dehors de vous. » « Vous êtes le Dieu de mon coeur et mon partage pour l'éternité ».

L'espérance a un autre aspect : c'est de nous inciter à attendre de Dieu tout ce qui est nécessaire à notre sanctification. (…) Quand, ayant tout quitté pour le Christ Jésus, nous restons fidèles à notre promesse, le Christ doit, si je puis m'exprimer ainsi, nous mener à la perfection. Il s'y est engagé : « Voulez-vous être parfait ? Nous dit-il ; allez, vendez vos biens, puis venez. » (Mc 10, 21) Dieu est un père, dit Notre Seigneur lui-même ; quand un enfant demande du pain à son père, est-ce que celui-ci lui donne un serpent ? Et si, ajoute Jésus, vous qui êtes mauvais, vous savez donner de bonnes choses à vos enfants, combien plus votre Père qui est dans les cieux vous donnera les biens qui vous sont nécessaires; (Mt 7,9 – 9,11)

Et combien c'est vrai ! Saint Paul nous dit que la tendresse comme l'autorité des pères de ce monde a sa source dans le coeur de Dieu (Eph. 3,15) « Tout don parfait, écrit saint Jacques descend des cieux dans notre âme, envoyé par le Père des lumières », (Jac 1,17) qui nous aime, dit Notre Seigneur lui-même, parce que nous ne voulons nous attacher qu'à son Fils : « le Père vous aime parce que vous m'avez aimé » (Jn 16,27). Et si notre Père des cieux nous aime, que ne nous donnera-t-il pas ? « Alors que nous étions ses ennemis, il nous a réconciliés avec lui par la mort de son Fils ; il nous l'a donné pour qu'il fût notre salut » ; (Rom 5,10) et, dit saint Paul : « Comment en nous le donnant, ne nous aurait-il pas tout donné ? » Tout ce que nous pouvons souhaiter pour la perfection et la sainteté de nos âmes, nous le trouvons dans le Christ Jésus ; « en lui sont tous les trésors de la divinité » : tous les trésors de la sagesse et de la science. La volonté indubitable du Père éternel est que son Fils bien-aimé soit « notre rédemption, notre justice, notre satisfaction » ; que tous ses mérites, toutes ses satisfactions, - et leur valeur est infinie, «  soient nôtres : « Vous voilà devenus tellement riches dans le Christ, s'écrie saint Paul, qu'en lui aucune grâce ne vous fait défaut ».

Oh ! « Si nous connaissions le don de Dieu ! » Si nous savions quelles richesses inépuisables nous pouvons posséder dans le Christ Jésus, non seulement nous n'irions pas mendier le bonheur auprès des biens périssables, mais nous nous en dépouillerions le plus possible, afin d'augmenter la capacité de notre âme à posséder les vrais trésors. Nous veillerions à ne pas nous attacher à la moindre chose qui pût nous retenir loin de Dieu.

C'est là ce qui assure et rend invincible notre espérance : lorsque notre coeur est vraiment épris de toutes choses, quand nous ne mettons notre béatitude qu'en Dieu seul ; que par amour pour lui, nous nous détachons de toute créature, et que nous n'attendons que de lui les grâces nécessaires, alors Dieu se fait magnifique à notre égard : il nous remplit de lui-même : je suis ton bouclier, ta récompense sera grande : (Gn 15,1)« Moi qui suis Dieu, je ne veux laisser à aucun autre le soin d'étancher votre soif de béatitude ! ».

Dom Columba Marmion : « Oeuvres spirituelles »

Extrait de « l'exercice de la vertu de pauvreté inséparable de celui de l'espérance »

Email0141A présent que vous connaissez le secret de la véritable richesse, nous vous souhaitons de devenir riches des trésors de la Foi, riches dans le Christ !
Bonne et sainte année 2012 !

Tag(s) : #Liturgie Doctrine

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