Overblog Suivre ce blog
Editer l'article Administration Créer mon blog

De la sanction solennelle donnée par le saint Concile de Trente au dogme de la présence réelle

Luther et Calvin ayant osé, après quinze siècles de foi, nier ou travestir le mystère de la présence réelle, la sainte Eglise se leva indignée et, par la bouche du Concile de Trente, foudroya leurs erreurs. Or, qu'on le sache bien, ces erreurs sont au fond les mêmes que celles de tous les esprits forts qui, depuis, ont déblatéré contre le Très-Saint Sacrement.

Voici quelques-uns des canons, c'est-à-dire des règles de foi, que le Concile formula dans ce but, et qu'il accompagna de la redoutable sentence de l'anathème. Etre anathème, c'est être retranché de l'Eglise, exclu du royaume de Dieu, en ce monde et en l'autre.

« Si quelqu'un dit que le Sacrement de la Très-Sainte Eucharistie ne contient pas véritablement, réellement et substantiellement le Corps et le Sang ainsi que l'âme et la divinité de Notre-Seigneur Jésus-Christ, et par conséquent le Christ tout entier ; et que Jésus-Christ n'y est qu'en symbole ou en figure, qu'il soit anathème ! »

« Si quelqu'un dit que, dans le Très-Saint Sacrement de l'Eucharistie, la substance du pain et du vin demeure avec le Corps et le Sang de Notre-Seigneur Jésus-Christ ; et s'il ose nier cet admirable changement de toute la substance du pain et du vin en la substance du Corps et du Sang de Notre-Seigneur, changement incomparable après lequel il ne reste plus que les apparences du pain et du vin... ; qu'il soit anathème ! »

«  Si quelqu'un dit que, dans le Saint-Sacrement de l'Eucharistie, le Christ, Fils unique de Dieu, ne doit pas être adoré, même extérieurement... ; qu'on ne doit pas le porter solennellement en procession, conformément à l'usage légitime et universel de la sainte Eglise ; et qu'on ne doit pas l'exposer publiquement à l'adoration des peuples.... ; qu'il soit anathème ! »

Telles sont les sentences terribles et irrévocables, prononcées contre tous ceux qui osent nier la présence réelle de Notre-Seigneur au Saint-Sacrement. C'est la parole infaillible de l'Eglise ; c'est le jugement des successeurs des Apôtres, à qui il a été dit par Dieu lui-même : Tout ce que vous lierez sur la terre, sera lié dans les cieux.

Si nous sommes absolument sûrs que Jésus-Christ est réellement présent au Saint-Sacrement

Oui, absolument sûrs ; aussi sûrs que deux et deux font quatre ; aussi sûrs que de notre propre existence.

Qu'est-ce qui nous rend certains de tout ce dont nous sommes certains ? N'est-ce pas notre raison, notre bon sens ? Du moment que notre raison, après avoir bien examiné une chose, se dit : « Cela est ; cela est évident ; cela ne peut pas ne pas être » nous serions fous si nous doutions. Eh bien, la certitude de la présence de Notre-Seigneur dans l'Eucharistie (aussi bien, du reste, que tous les autres dogmes de la foi catholique) est une certitude de cette espèce : ou bien nous sommes tout à fait sûrs que Jésus-Christ est présent au Saint-Sacrement, ou bien nous ne sommes plus sûrs de rien, nous ne pouvons plus rien croire ni rien affirmer.

C'est en effet, l'évidence du raisonnement, l'inflexibilité de la logique, qui nous amène, bon gré mal gré, à admettre : d'abord l'existence de Dieu, Créateur de toutes choses ; puis la divinité du christianisme ; les miracles de Jésus-Christ, en particulier le miracle éclatant de la Résurrection et de l'Ascension ; enfin les miracles des Apôtres, la mission divine de l'Eglise Catholique et la souveraine autorité du Pape et des Evêques, Ministres de Jésus-Christ et Pasteurs du peuple chrétien. Ce n'est pas ici le lieu de prouver ces grandes vérités ; mais c'est le lieu de rappeler que notre raison seule nous a amenés aux pieds du Christ et de son Vicaire, et que notre foi à l'enseignement de l'Eglise est essentiellement raisonnée et par conséquent raisonnable.

Une fois établie l'autorité divine et infaillible de l'Eglise, nous n'avons plus qu'à écouter son enseignement, absolument certains que nous sommes de la vérité de cet enseignement : pour croire en hommes raisonnables, nous n'avons plus besoin d'examiner, de prouver en détail les dogmes qu'elle nous propose. C'est à ce titre de vérité catholique que la raison, unie à la foi, nous fait admettre, comme absolument certaine, la présence du Sauveur dans l'Eucharistie ; nous en sommes certains, avant tout examen, parce que l'Eglise catholique nous l'enseigne, et que, toujours assistée de Dieu et de Jésus-Christ, elle ne peut ni se tromper ni nous tromper.

Maintenant, pour notre consolation, nous trouvons encore, dans les paroles mêmes de l'Evangile, l'éclatante justification de la foi catholique touchant la présence réelle. Ecoutons-les et pesons-les avec un religieux respect : c'est Dieu même qui parle.

mgr_de_segur.jpg

Tag(s) : #Liturgie Doctrine

Partager cet article

Repost 0