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"... dissolution totale de la société humaine
si l'on n'abat les forces de cette secte très criminelle"
(Pie IX en 1873).

______________

 

Le 9 décembre 1854, Pie IX applique aux membres des sociétés secrètes ces terribles paroles du Christ :

« Vous êtes les enfants du diable, et vous voulez faire les oeuvres de votre père. »

Au consistoire du 15 septembre 1865, il revient encore sur le problème des sociétés secrètes :

« Parmi les nombreuses machinations et les artifices par lesquels les enfants du nom chrétien ont osé s'attaquer à l'Eglise de Dieu et ont essayé, quoique en vain, de l'abattre et de la détruire, il faut sans nul doute compter cette société perverse d'hommes vulgairement appelée maçonnique (…). Dès que nos prédécesseurs, les Pontifes romains, fidèles à leur office pastoral, eurent découvert ses embûches et ses fraudes, ils ont pensé qu'il n'y avait pas un moment à perdre pour réprimer par leur autorité, frapper de condamnation et exterminer comme d'un glaive cette secte respirant le crime et s'attaquant aux choses saintes et publiques ».

Pie IX saisissait l'occasion pour rappeler les critiques de ses prédécesseurs contre « la mollesse » des monarques

« Plût au Ciel que ces monarques eussent prêté l'oreille aux paroles de notre prédécesseur (Benoît XIV) ! Plût au Ciel que, dans une affaire aussi grave, ils eussent agi avec moins de mollesse ! (…). La secte maçonnique (…) n'a pas été vaincue ni terrassée ; au contraire, elle s'est tellement développée, que, en ces jours si difficiles, elle se montre partout avec impunité et lève un front plus audacieux (…). Nous éprouvons de la peine et de l'amertume en voyant que lorsqu'il s'agit de réprouver cette secte suivant les Constitutions de nos prédécesseurs, plusieurs de ceux que leurs fonctions et le devoir de leur charge devraient rendre pleins de vigilance et d'ardeur en un sujet si grave, se montrent indifférents et comme endormis ».

Quelle remarquable vision que celle de ces « pouvoirs endormis » !

Le 26 octobre 1865, Pie IX écrit une lettre sévère à Mgr Darboy, archevêque de Paris, qui a cru devoir assister aux funérailles du Grand Maître du Grand-Orient, le maréchal Magnan, et donner lui-même, l'absoute en présence des insignes maçonniques étalés sur le cercueil !

Voilà l'importance que l'archevêque de Paris attachait aux encycliques pontificales !

Le 21 novembre 1873, Pie IX s'efforce, une fois de plus, de montrer le péril :

« Celui, dit-il, qui aura bien compris le caractère, les tendances, le but des sociétés secrètes, sous quelque nom qu'elles se cachent, s'il les compare avec le caractère, la nature et le développement de cette guerre déclarée à l'Eglise presque sur toute la surface du globe, ne pourra révoquer en doute que les calamités présentes ne doivent être attribuées, comme à leur cause principale, aux ruses et aux machinations de ces sectes. Ce sont elles qui composent la Synagogue de Satan, dont les forces réunies, comme une armée rangée en bataille, marchent, enseignes déployées, à l'assaut de l'Eglise (…) s'insinuant et se glissant subrepticement, travaillant sans relâche et trompant à plaisir, elle a fini par sortir de l'antre ténébreux où elle se cachait, pour se produire au grand jour comme une puissance ».

Le 29 mai 1873, Pie IX parle de « cet esprit satanique de la secte (qui) se montra surtout à la fin du siècle passé dans les violentes révolutions de la France, qui ébranlèrent le monde entier, et prouvèrent qu'il fallait s'attendre à une dissolution totale de la société humaine si l'on n'abattait les forces de cette secte très criminelle ».

Sur la fin de sa vie, le grand pape du Syllabus, dira que les hommes « qui s'efforcent d'établir une alliance entre la lumière et les ténèbres sont plus dangereux que les ennemis déclarés ».

(…)

Mgr Gay, chargé de rédiger un Mémoire sur les sociétés secrètes à l'intention du premier Concile du Vatican, écrivait :

« Manifestement il apparaît que prise en général, cette doctrine de la Franc-Maçonnerie n'est pas seulement une hérésie, ni l'ensemble de toute les hérésies, bien qu'en elle il soit plus que certain que pullulent les hérésies. En effet, la maçonnerie dépasse de très loin les limites de l'hérésie proprement dite en exagère outrancièrement la perversion. En vérité, la Franc-Maçonnerie est l'abîme de toutes les erreurs et comme « le puis de l'abîme ».

Lorsque le 20 août 1884, Léon XIII publie une encyclique entièrement consacrée à la Franc-Maçonnerie : Humanum genus, il est évident que Rome a désormais pris conscience du fait que les idées répandues par les loges ont largement débordé le cadre des adeptes, et que la société civile, et parfois même la société religieuse, se sont laissées gagner par les idées nouvelles et que s'il reste toujours nécessaire d'interdire la « secte des Francs-Maçons », cela ne suffit pas; Il faut, conjointement, entreprendre la critique des idées maçonniques. (…)

(...) Léon XIII commence par rappeler que ses prédécesseurs avaient reconnu l'ennemi « au moment où sortant des ténèbres d'une conspiration occulte, il s'élançait à l'assaut en plein jour. Sachant ce qu'il était, ce qu'il voulait, et lisant pour ainsi dire dans l'avenir, ils donnèrent aux princes et aux peuples le signal d'alarme, et les mirent en garde contre les embûches et les artifices préparés pour les surprendre. »

Malheureusement, ces avertissements furent mal écoutés « de ceux qui auraient eu cependant l'intérêt le plus direct » à surveiller « cette secte pernicieuse ».

« Il en résulte que, dans l'espace d'un siècle et demi, la secte des francs-maçons a fait d'incroyables progrès. Employant à la fois l'audace et la ruse, elle a envahi tous les rangs de la hiérarchie sociale et commence à prendre au sein des Etats modernes, une puissance qui équivaut presque à la souveraineté. »

Il convient de retenir cette donnée nouvelle : l'apparition, dans la Société, d'un Pouvoir occulte qui pénètre les rouages de l'Etat. C'est un événement considérable. L'histoire se déroule désormais sur deux plans : l'un public, officiel, démocratique ; l'autre secret, invisible aux yeux de la masse, autoritaire. (…)

La Franc-Maçonnerie, porteuse d'une certaine idéologie, contamine les esprits et ceux-ci, à leur tour, relancent les principes de la secte. (…)

Il aura fallu moins d'un siècle pour que les idées maçonniques gagnent le sommet même de l'Eglise, mais il y a une chose que la Maçonnerie ne peut pas faire, c'est annuler les condamnations portées par dix papes contre elle et qui retombent sur tous ceux qui se laissent gagner par ses principes.

Je parlais du thème de la « liberté religieuse », sournoisement introduit par « Vatican II ».

Ecoutez ce qu'en dit, à l'avance, Léon XIII :

« Les francs-maçons en ouvrant leurs rangs à des adeptes qui viennent à eux des religions les plus diverses, deviennent plus capables d'accréditer la grande erreur du temps présent, laquelle consiste à reléguer au rang des choses indifférentes le souci de la religion, et à mettre sur le pied de l'égalité toutes les formes religieuses. Or, à lui seul, ce principe suffit à ruiner toutes les religions, et particulièrement la religion catholique, car étant la seule véritable, elle ne peut, sans subir la dernière des injures et des injustices, tolérer que les autres religions lui soient égalées ».

Le naturalisme entraîne « l'effondrement des vérités qui sont à la base de l'ordre naturel, et qui importent si fort à la conduite rationnelle et pratique de la vie », qu'il y aura « un contre-coup sur les moeurs privées et publiques ». En effet, faites disparaître ces vérités « et il sera impossible de savoir en quoi consiste la science du juste et de l'injuste ou sur quoi elle s'appuie ».

Déjà, à la fin du XIXè siècle, Léon XIII constate que là « où, après avoir pris la place de la morale chrétienne, (la morale sans Dieu), a commencé à régner avec plus de liberté, on a vu promptement dépérir la probité et l'intégrité des moeurs, grandir et se fortifier les opinions les plus monstrueuses, et l'audace des crimes partout déborder ».

Que dire aujourd'hui où achève de se décomposer la « société permissive » née de l'utopie maçonnique ?

On se demande parfois pourquoi les gouvernants actuels laissent la licence des moeurs atteindre le degré que l'on voit. Il y a une réponse intéressante dans Humanum genus : « Il s'est trouvé, écrit Léon XIII, dans la Franc-Maçonnerie des sectaires pour soutenir qu'il fallait systématiquement employer tous les moyens de saturer la multitude de licences et de vices, bien assurés qu'à ces conditions elle serait toute entière entre leurs mains et pourrait servir d'instrument à l'accomplissement de leurs projets les plus audacieux ».

Léon XIII dénonce la destruction du mariage par le divorce qui fait de l'union légitime « une union instable, éphèmère, née du caprice d'un instant, et pouvant être dissoute quand ce caprice changera ». La destruction de la famille qui va être le grand oeuvre de la Maçonnerie au Xxè siècle, passe aussi par la main-mise sur l'éducation de la jeunesse. « Les francs-maçons espèrent qu'ils pourront aisément former d'après leurs idées cet âge si tendre, et en plier la flexibilité dans le sens qu'ils voudront. »

Dominant tous ces faux principes, il y a le principe démocratique.

Pour les naturalistes, écrit Léon XIII, « les hommes sont égaux en droits, tous, à tous les points de vue, sont d'égale condition. Etant tous libres par nature, aucun d'eux n'a le droit de commander à un de ses semblables, et c'est faire violence aux hommes que le prétendre les soumettre à une autorité quelconque, à moins que cette autorité ne procède d'eux-mêmes. Tout pouvoir est dans le peuple libre ; ceux qui exercent le commandement n'en sont les détenteurs que par le mandat ou par la concession du peuple, de telle sorte que si la volonté populaire change, il faut dépouiller de leur autorité les chefs de l'Etat, même malgré eux. La source de tous les droits et de toutes les fonctions civiles réside soit dans la multitude, soit dans le pouvoir qui régit l'Etat, mais quand il a été constitué d'après les nouveaux principes. En outre, l'Etat doit être athée. Il ne trouve en effet, dans les divers formes religieuses, aucune raison de préférer l'une ou l'autre ; donc toutes doivent être mises sur un pied d'égalité ».

Qui ne voit que ces « faux principes », comme disait Léon XIII, sont aujourd'hui presque unanimement admis dans les milieux catholiques et conservateurs, par la hiérarchie même de l'Eglise.

Les idées maçonniques ont donc fait reculer la conception chrétienne de la Société, mais l'erreur ne pouvant effacer la Vérité, celle-ci subsiste. Ce qui était faux, condamnable et condamné reste faux, condamnable et condamné.

(…)

« Les malfaisantes erreurs que nous venons de rappeler menacent les Etats des dangers les plus redoutables. En effet, supprimez la crainte de Dieu et le respect dû à ses lois ; laissez tomber en discrédit l'autorité des princes ; donnez libre carrière et encouragement à la manie des révolutions ; lâchez la bride aux passions populaires ; brisez tout frein sauf celui du châtiment, vous aboutirez, par la force des choses, à un bouleversement universel et à la ruine de toutes les institutions... »

 

Nous y sommes, et nous avons même vu ce que Léon XIII n'osait tout de même pas prévoir : la contestation du châtiment lui-même.

 

Comment en est-on arrivé à cette totale subversion de la Société ?

Les francs-maçons, répond Léon XIII, « ont séduit le peuple par (un) langage fallacieux, et (en) excitant en lui la soif du changement, ils l'ont lancé à l'assaut des deux puissances ecclésiastiques et civile ».

« En premier lieu, dit Léon XIII aux évêques, arrachez à la franc-maçonnerie le masque dont elle se couvre et faites-la voir telle qu'elle est. Secondement, par vos discours et par des lettres pastorales spécialement consacrées à cette question, instruisez vos peuples », et il leur conseille « d'exposer.... les éléments des principes sacrés qui constituent la philosophie chrétienne », afin de « guérir, par une science de bon aloi, les maladies intellectuelles des hommes ». Enfin, il demande aux « gens de bien » de s'unir pour former « une immense coalition de prières et d'efforts ».

(…)

Le 8 décembre 1892, dans une autre intervention : « Les sectaires maçons cherchent par des promesses à séduire le clergé inférieur. (…) Ce qu'ils veulent, c'est gagner doucement à leur cause les ministres des choses sacrées et puis, une fois enlacés dans les idées nouvelles, d'en faire des révoltés contre l'autorité légitime de laquelle ils relèvent ».

Or, «le christianisme et la franc-maçonnerie sont essentiellement inconciliables, si bien que s'agréger à l'une, c'est divorcer avec l'autre ». Aussi convient-il de se méfier même de ceux « qui se déguisent sous le masque de la tolérance universelle, du repect pour toutes les religions, de la manie de concilier les maximes de l'Evangile avec celles de la Révolution ; le Christ avec Bélail, l'Eglise de Dieu avec l'Etat sans Dieu » et, « comme il s'agit d'une secte qui a tout envahi, il ne suffit pas de se tenir sur la défensive mais il faut descendre courageusement dans l'arène et la combattre de front ».

(Extrait de l'ouvrage de Jacques Ploncard d'Assac « Le secret des francs-maçons » aux Editions de Chiré)

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