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La dévotion à la Sainte Vierge est pour nous d'une très grande fécondité. Et cela pour trois raisons que vous avez déjà pressenties.

D'abord, parce que, dans le plan divin, Marie est inséparable de Jésus et que notre sainteté consiste à entrer le plus que nous le pouvons dans l'économie divine. Dans les pensées éternelles Marie tient, en fait, à l'essence même du mystère du Christ ; mère de Jésus, elle est la mère de celui en qui nous trouvons tout. Suivant le plan divin, la vie n'est donnée aux hommes que par le Christ, Homme-Dieu : personne ne vient au Père que par moi (Jean 14,6) mais le Christ n'est donné au monde que par Marie : Pour nous, les hommes, et pour notre salut, il est descendu du ciel et s'est incarné...de la Vierge Marie (Credo de la Messe). C'est là l'ordre divin. Et cet ordre est immuable. Remarquez en effet, qu'il ne vaut pas seulement pour le jour où l'Incarnation elle-même s'est réalisée ; sa valeur continue encore pour l'application aux âmes des fruits de l'Incarnation. Pourquoi cela ? parce que la source de la grâce, c'est le Christ, Verbe incarné ; mais sa qualité de Christ, de médiateur, demeure inséparable de la nature humaine qu'il a empruntée à la Vierge.

La seconde raison, qui tient de très près à la précédente, c'est que nul, plus que la Mère de Dieu, n'a de crédit auprès de Jésus pour nous obtenir la grâce. Par suite d' l'Incarnation, Dieu se plaît, non pour déroger à la puissance de médiation de son Fils, mais au contraire pour l'étendre et l'exalter, à reconnaître le crédit de ceux qui sont unis à Jésus, chef du corps mystique ; ce crédit est d'autant plus puissant que l'union des saints avec le Christ est plus intime.

"Plus une chose est rapprochée de son principe, dit saint Thomas, plus elle éprouve les effets produits par ce principe. Plus vous approchez d'un foyer, plus vous ressentez la chaleur qui en rayonne. Or, ajoute le saint Docteur, le Christ est le principe de la grâce puisqu'il en est l'auteur comme Dieu, et l'instrument comme homme ; et comme la Vierge a été la créature la plus proche de l'humanité du Christ, le Christ ayant pris d'elle cette nature humaine, la Vierge a reçu du Christ une grâce supérieure à celle de toutes les créatures.

Mais chacun reçoit de Dieu une grâce proportionnée à sa destination providentielle. Comme homme, le Christ a été prédestiné et élu afin qu'étant le Fils de Dieu, il eût la puissance de sanctifier tous les hommes ; dès lors, il devait posséder, lui seul, une plénitude telle qu'elle pût déborder sur toutes les âmes : de sa plénitude, nous avons tout reçu. La plénitude de la grâce qu'a reçue la bienheureuse Vierge avait pour fin de la rendre la créature la plus proche de l'auteur de la grâce ; si proche, en effet, que la Vierge renfermait dans son sein celui que est plein de grâce et qu'en le donnant au monde par l'enfantement, elle donnerait pour ainsi dire au monde la grâce elle-même, parce qu'elle lui en donnerait la source". En formant Jésus dans ses entrailles si pures, la Vierge nous a donné l'auteur même de la vie. L'Eglise le chante dans l'oraison de l'antienne à la Vierge, durant le temps de Noël, en célébrant la naissance du Christ : "Par vous, il nous a été donné de recevoir l'auteur de la vie" ; elle invite "les nations à chanter la vie que cette maternité virginale leur a apportée.

Si donc vous voulez puiser largement à la source de la vie divine, allez à Marie ; demandez-lui de vous conduire à cette source ; c'est elle, en effet, plus que toute autre créature qui vous introduira aurpès de Jésus. C'est pourquoi nous l'appelons à juste titre : "Mère de la divine grâce" ; c'est pourquoi encore l'Eglise lui applique ce passage des Ecritures : "Celui qui me trouvera rencontrera la vie et puisera le salut qui vient du Seigneur". Le salut, la vie d enos âmes, ne vient que du Seigneur Jésus, lui seul est le médiateur unique ; mais qui nous conduira à lui plus sûrement que Marie, qui nous le rendra propice avec autant de puissance que sa mère ?

Elle a d'ailleurs reçu de Jésus même, à l'égard de son corps mystique, une grâce spéciale de maternité. C'est la dernière raison de la fécondité surnaturelle de la dévotion à la sainte Vierge. Le Christ, après avoir reçu de Marie la nature humaine, a associé sa mère, comme je vous l'ai dit, à tous ses pystères, depuis l'offrande au temple jusqu'à l'immolation sur le Calvaire. Or, quelle est la fin de tous els mystères du Christ ? De faire de lui l'exemple de notre vie surnaturelle, la rançon de notre sanctification et la source de toute notre sainteté ; de lui créer une société éternelle et glorieuse de frères qui lui soient semblables. C'est pourquoi au nouvel Adam, Marie est associéce comme une nouvelle Eve ; mais elle est, bien mieux qu'Eve, "la mère des vivants", la mère de ceux qui vivent de la grâce de son Fils.

Dom Columba Marmion

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Tag(s) : #Liturgie Doctrine

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