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souffrance du ChristTant de fois au cours de son Pontificat, le pape a parlé de la souffrance.
Souffrance rédemptrice et indissociable de l'Eglise car le Christ ayant souffert sur la Croix, est l'Eglise. Souffrance aussi de Sa Sainte Mère (et Mère de l'Eglise) au pied de la Croix.

 

Ecoutons notre Saint Père, le 10 juin 1971, s'adresser depuis la Basilique Saint Pierre à 6OOO malades présents :

L’Eucharistie est avant tout un mystère de présence. Pensons-y bien : Jésus tient de cette manière sa parole prophétique : « Moi, je serai avec vous jusqu’à la fin des temps » (Mt 28, 20). « Je ne vous laisserai pas orphelins ; je reviendrai vers vous » (Jn 14, 18). C’est ce qu’il a dit et c’est ce qu’il a fait : Il sera ici pour nous, pour vous, pour chacun de vous. Alors dites, vous qui êtes oppressés par la souffrance, n’est-ce pas la solitude, le sentiment d’être seuls et presque séparés de tous qui aggrave et rend parfois votre souffrance insupportable et déses­pérée ? La douleur est par elle-même isolante, et cela fait peur et augmente la peine physique. Eh bien ! pour qui croit à l’Eucha­ristie, pour qui a la chance de la recevoir, cette terrible solitude intérieure n’existe plus. Lui, Jésus, est avec celui qui souffre. Il connaît la douleur. Il la console, II la partage. Il est le médecin intérieur. Il est l’ami de cœur. Il écoute les gémissements de l’âme. Il parle au fond de l’esprit.

C’est pourquoi écoutez encore ce langage propre de l’Eucha­ristie.

Nous vous avons dit : Jésus sera présent. Mais comment sera-t-il présent ? Il sera présent, mais d’une manière non sanglante, comme « l’homme des douleurs » (cf. Is 53, 3), comme victime, comme « agneau de Dieu » (Jn 1, 29) ; Il sera présent comme Il l’était à l’heure de sa passion, dans son sacrifice, comme crucifié. C’est ce que signifie la double espèce du pain et du vin, figures du Corps et du Sang du même Christ. Jésus s’offre pour nous et à nous comme II était sur la croix, immolé, déchiré, con­sumé dans la douleur portée au plus haut point de la sensibilité physique et de la désolation spirituelle. Rappelez-vous ses affres très humaines : « J’ai soif » (Jn 19, 28) ; et ses tourments indi­cibles : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » (Mt 27, 46), vous vous rappelez ? Qui a souffert autant que Jésus ? La souffrance est proportionnée à deux mesures : à la sensibilité (et quelle sensibilité serait plus fine que celle du Christ, Homme-Dieu ?) et à l’amour : la capacité d’aimer se mesure à la capacité de souffrir. Comprenez-vous comment Jésus est votre exemple, est votre compagnon, hommes et femmes qui portez ici vos vies endolories ? Comprenez-vous pourquoi justement nous avons voulu célébrer avec vous la solennité du Corps et Sang du Christ ?

Et nous vous dirons en outre : Comprenez-vous maintenant ce qu’est la communion et ce que la réception de l’Eucharistie accomplit en vous ? C’est la fusion de votre souffrance avec celle du Christ. Chacun de vous peut répéter, à plus forte raison que n’importe quel autre fidèle qui communie, les paroles de saint Paul : « ... je trouve ma joie dans les souffrances… et je complète en ma chair ce qui manque aux épreuves du Christ... » (Col 1, 24). Souffrir avec Jésus ! Quel destin, quel mystère ! Voici, voici une très grande nouveauté : la douleur n’est plus inutile ! Si elle est unie à celle du Christ, notre douleur acquiert quelque chose de sa vertu expiatrice, rédemptrice et salvatrice ! Comprenez-vous maintenant pourquoi l’Eglise honore et aime tant ses malades, ses fils malheureux ? parce qu’ils sont le Christ souffrant Qui, justement par sa passion a sauvé le monde. Vous, très chers ma­lades, vous pouvez coopérer au salut de l’humanité si vous savez unir vos douleurs, vos épreuves à celles de Jésus qui maintenant va venir à vous dans la sainte communion.

Et acceptez alors que nous vous adressions une prière, vous suggérant de donner à vos souffrances la même intention qui inspirait à l’Apôtre dont nous vous avons cité les célèbres paroles, ces autres qui complètent sa pensée : « je trouve ma joie, disait-il, dans les souffrances en complétant la passion du Seigneur pour son corps (mystique) qui est l’Eglise» (Col 1, 24). Eh bien ! ce que nous vous demandons, c’est que vous offriez (voyez : souffrir devient offrir !) vos douleurs pour l’Eglise ; oui, pour l’Eglise entière et pour cette Eglise romaine en particulier. Vous en con­naissez peut-être les besoins.

Vous aurez, vous, et nous aurons ainsi célébré dignement ensemble la fête du Corps et du Sang du Christ : fête de douleur, d’amour, de consolation, d’espérance et de salut pour vous et pour tous !

 

Tag(s) : #Paroles du Saint Père

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