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Le bourguignon Bernard de Fontaines (1090-1153) entre à 22 ans au monastère de Cîteaux, avec une trentaine de compagnons. L'Abbé Etienne Harding l'envoie trois ans plus tard fonder Clairvaux. Bientôt très influent, Bernard suscite l'éclosion de nombreux monastères et favorise l'élection du pape Innocent II en 1131.

Les 86 sermons de saint Bernard sur le Cantique des Cantiques, ses autres écrits théologiques et ses nombreuses lettres témoignent d'une grande connaissance de l'Ecriture, d'une éloquence fougueuse et d'une rare élévation mystique. Il mérite pleinement le titre de chantre de la Vierge. "De Maria numquam satis", on n'en dit jamais assez sur Marie, enseigne-t-il.

Il meurt paisiblement le 20 août 1153, à 63 ans, physiquement épuisé mais laissant l'exemple d'une rare vigueur spirituelle, mise au service d'une action efficace et d'une contemplation intense.

De ses écrits, il faut retenir le célèbre traité sur l'Aqueduc ; sermon pour la Nativité de Marie. Il montre comment Marie puise la grâce à sa source, et comment elle la dispense : Marie Médiatrice !

 

L'aqueduc, c'est Marie

"La vie éternelle est une source intarissable ; elle arrose toute la surface du paradis, et non seulement elle l'arrose, mais elle l'inonde. Elle est la fontaine des jardins, le réservoir des eaux vives qui jaillissent en flots impétueux du Liban et dont les flots réjouissent la cité de Dieu. Or quelle est cette source de vie sinon le Seigneur Christ ? (...) Et c'est par un aqueduc que descend ce ruisseau céleste (...)

Déjà vous avez deviné de quel aqueduc je veux parler, qui, recevant la source en sa plénitude au coeur du Père, nous la livre, sinon telle quelle, du moins à la mesure de nos capacités (...)

Mais nous étonnons-nous qu'on ait pu trouver de quoi construire un aqueduc de si bonne qualité et d'une telle ampleur, que son sommet, comme celui de l'échelle vue par le patriarche Jacob, touchât le Ciel (Gn, 28,12), bien mieux, traversât les cieux et pût atteindre cette source des eaux toujours vives, qui est au-delà des cieux ? (...)

Mais cet aqueduc, le nôtre, comment peut-il atteindre une source si haut placée ? Comment -vous le pensez bien- sinon grâce à la véhémence de son désir, sinon par l'ardeur de sa piété, sinon par la pureté de sa prière, comme en témoigne l'Ecriture : "La prière du juste traverse les cieux" (Sir 35,21).

Et qui est juste, si ce n'est Marie de qui nous est né le Soleil de justice ?

Comment donc Marie a-t-elle rejoint la majesté inaccessible ? N'est-ce pas en frappant, en suppliant, en cherchant ?

Finalement, ce qu'elle cherchait elle l'a trouvé, elle à qui fut dit : Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Mais quoi ? Marie est pleine de grâce (Lc 1, 28) et voilà qu'elle trouve encore la grâce ? (Lc 1, 30)

C'est qu'elle est particulièrement digne de trouver ce qu'elle cherche, elle à qui ne suffit pas sa propre plénitude, qui ne peut se contenter de son propre bien, mais qui, selon l'Ecriture : "Qui me boit aura soif encore" (Si 24,29) demande un débordement de grâce pour le salut de tous. (...)

Au vrai, si les flots de la grâce ont manqué si longtemps au genre humain, c'est faute d'un aqueduc, de cet aqueduc tant désirable dont nous parlons."

 

Saint Bernard a aussi composé la célèbre prière du "Souvenez-vous" :

"Souvenez-vous, ô très miséricordieuse Vierge Marie, qu'on n'a jamais entendu dire qu'aucun de ceux qui ont eu recours à votre protection, imploré votre assistance ou réclamé vos suffrages, ait été abandonné. Animé de cette même confiance, ô Vierge des vierges, ô ma Mère, je viens à vous et, gémissant sous le poids de mes péchés, je me prosterne à vos pieds. Ô Mère du Verbe incarné, ne méprisez pas mes prières, mais écoutez-les favorablement et daignez les exaucer. Ainsi soit-il."

Marie-Mediatrice.jpg

Tag(s) : #Liturgie Doctrine

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