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Repris de la Lettre aux Amis et Bienfaiteurs du séminaire St-Curé-d'Ars N° 61 par M. l'Abbé Patrick Troadec, Directeur, Le 25 janvier 2007



 

<<<< Les bienfaits de la soutane >>>>

 

Voici comment on s'adressait aux séminaristes lorsqu'ils prenaient la soutane. A méditer à une époque où le symbole n'est l'apanage que de la publicité commerciale!

 

"Je pense qu’aujourd’hui, du haut du ciel, les anges, qui eux aussi assistent à cette cérémonie, que les saints du Ciel, et en particulier tous ceux qui parmi vos parents, vos amis ont déjà rejoint la demeure éternelle du Père, se réjouissent avec nous, et sont en action de grâces à la pensée que, aujourd’hui, vous allez revêtir, mes chers amis, Notre Seigneur Jésus-Christ."

 

 

La soutane est une prédication.

 

Vous êtes venus au séminaire à la rencontre de Notre-Seigneur et aujourd’hui, vous voulez que cela soit signifié par un signe extérieur, qui va désormais marquer aux yeux du monde que vous êtes attachés à Notre-Seigneur pour toujours, et que vous désirez le prêcher, le manifester. Vous voulez manifester votre attachement à Notre Seigneur Jésus-Christ, manifester votre foi en la Rédemption de Notre-Seigneur venu en ce monde. Vous avez raison, mes chers amis : vous serez les hérauts de Notre Seigneur Jésus-Christ, vous le prêcherez rien que par votre habit, rien que par votre attitude. Ce sera là une prédication excellente pour tous ceux qui vous rencontreront.

 

On raconte dans la vie de saint François d’Assise, qu’au moment où François d’Assise s’en allait prêcher dans les bourgs, dans les villages, il se faisait accompagner de frère Léon, et un jour il dit à ce frère : « Venez, nous allons prêcher ». Et voici que saint François sort avec le frère Léon et traverse la ville d’Assise et il demeure dans le silence complet. Pas un mot ne sort de sa bouche ; et il retourne au couvent. Frère Léon lui demande :

 

« Mais, Frère François, vous aviez dit que nous allions prêcher, et nous n’avons rien dit ! ». « Eh bien, lui répond saint François, nous avons prêché par notre habit. En circulant dans la ville d’Assise avec nos habits, nous avons prêché l’Évangile ».

 

Mes chers amis, c’est ce que l’Église vous demande ici : prêcher l’Évangile, simplement par votre habit qui manifeste justement ce détachement des choses de ce monde pour vous attacher à Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

 

La soutane est une clôture.

 

J’insisterai particulièrement, comme le manifestent les prières que dans quelques instants l’évêque va réciter sur vous au nom de l’Église, sur les dispositions intérieures que vous devez avoir pour recevoir les grâces qui vont vous être données par le revêtement de la soutane.

 

On pourrait comparer la soutane d’une certaine manière à une clôture. Oui, vous allez vous clôturer, vous retirer en quelque sorte dans un ermitage. Désormais votre âme sera séparée du monde, comme le disent les prières : « des embarras du monde et des désirs du siècle, de tout aveuglement spirituel et humain » , vous allez éviter cet aveuglement non seulement spirituel mais même humain que donne le monde du péché, le monde en tant qu’il est soumis aux influences de Satan. La sainte Église utilise le terme « humain » , tant il est vrai que, lorsqu’on n’a plus la lumière de Notre Seigneur Jésus-Christ, on perd aussi le sens commun, l’intelligence toute simple, toute droite du réel, de la vérité.

 

La soutane, symbole du Corps de Jésus crucifié.

 

Le revêtement de la soutane pourrait avoir un caractère d’austérité, de renoncement, de pénitence, d’abnégation. C’est vrai, mais y a-t-il opposition entre ce caractère austère et la lumière que Notre Seigneur Jésus-Christ est venu nous apporter ? Bien sûr que non, bien au contraire ! Notre-Seigneur l’a dit à vous qui allez revêtir la soutane : « Vous êtes la lumière du monde » (Mt, 5, 14) ; « Vous êtes le sel de la terre » (Mt, 5, 13). Et on ne met pas la lumière sous le boisseau ; elle doit éclairer tous ceux qui entourent et chasser les ténèbres. Et le sel ne doit pas s’affadir ; il doit donner du goût aux aliments. Tout cela a une signification toute spirituelle. Notre Seigneur Jésus-Christ a voulu lui aussi revêtir un vêtement d’austérité, et ce vêtement, c’est son corps crucifié. La Croix est notre lumière, et c’est cela que vous apprenez ici, au séminaire .

 

Lorsque vous circulerez dans les rues de vos villages, de vos cités, vous prêcherez le sacrifice de Notre Seigneur Jésus-Christ. Aujourd’hui plus que jamais, on a besoin de cette prédication. Jamais comme aujourd’hui on a rejeté la croix de Notre Seigneur Jésus-Christ : on a détruit l’autel du sacrifice, on détruit les croix, on ne sait plus ce que signifie le sacrifice de la messe. Alors précisément, puisque cette idée du sacrifice disparaît partout dans la vie des hommes, il faudra que vous la manifestiez. Les hommes ont besoin de cette Croix de Notre Seigneur Jésus-Christ. « Dans la croix le salut ». Par conséquent, en prêchant la Croix par votre habit, vous prêcherez le salut de l’humanité.

 

La soutane, signe d’espérance.

 

Vous serez aussi un signe d’espérance. Le monde se meurt de désespérance, de désespoir car on veut enfermer les hommes dans le milieu d’ici-bas. On veut leur fermer les horizons spirituels pour les enfermer dans cette prison des hommes entre eux, de cette masse humaine qui ne sait plus où elle va, ce qu’elle fait, ni ce qu’elle pense. On veut les assoiffer des biens de ce monde afin qu’ils ne pensent plus à Dieu, ni aux biens spirituels, ni à la vie éternelle.

 

Eh bien, vous serez le signe de cette espérance, car votre soutane est le signe de l’abandon des choses du monde pour l’attachement aux choses célestes et aux choses spirituelles. Or l’espérance consiste précisément à fixer notre regard sur les biens éternels. Vous marchez les yeux fixés sur la vie éternelle, et cela les gens le savent, les gens le comprennent.

 

En faisant cela, vous leur ferez du bien, vous les soulagerez, vous leur montrerez que la véritable liberté ne consiste pas à vivre enfermé dans ce monde, bien au contraire ! C’est là le signe de l’esclavage. La liberté consiste à se libérer des choses du monde, pour s’attacher aux biens éternels. Vous chantez le soir à complies : « vous nous avez établis dans l’espérance ». Oui, vraiment, le Bon Dieu nous a donné une âme qui a besoin des biens éternels. Alors nous devons conserver, dans notre pèlerinage ici-bas, les yeux tournés vers le ciel. Vous serez donc un signe d’espérance.

 

La soutane, signe de charité.

 

Enfin, vous serez aussi un signe de charité. Vous le montrerez même dans la persécution, dans les difficultés, dans les quolibets qui pourraient vous être adressés. Vous les supporterez avec confiance, avec courage. « Seigneur pardonnez-leur car ils ne savent ce qu’ils font » (Lc 23, 34) : voilà ce que vous direz. Loin de vous rebeller, de répondre insulte pour insulte, vous supporterez courageusement les difficultés, comme Notre-Seigneur a supporté les crachats, les quolibets, toutes les souffrances qu’on lui a fait subir, en demandant à Dieu de pardonner à ses bourreaux.

 

Vous aussi vous aurez un cœur miséricordieux, penché sur toutes les misères. Et si celui qui vous a adressé des paroles injurieuses vous demande tout à coup de le confesser, vous le confesserez et vous lui ferez miséricorde. S’il vous demande un service, vous lui rendrez ce service. Vous ne rendrez pas le mal pour le mal, mais le bien pour le mal. C’est ce que dit Saint Paul : « Soyez vainqueur du mal par le bien » (Rm, 12, 21). Vous serez de ces âmes charitables, humbles, bonnes, douces, toujours prêtes à rendre service, à faire du bien à leur prochain, prêtes surtout à leur donner Dieu, le vrai bien, le bien éternel .

 

La soutane, signe de la sainteté de l’Église.

 

L’habit clérical manifeste à la face du monde la sainteté de l’Église, c’est-à-dire le détachement des choses de ce monde et votre consécration à Notre Seigneur Jésus-Christ. Quel exemple vous allez donner de la présence de Notre Seigneur Jésus-Christ dans ce monde, de la présence de son sacerdoce ; comme le monde a besoin de voir cela ! Qu’il est triste de penser que cette cérémonie que nous faisons n’existe plus aujourd’hui ! Est-ce qu’on n’aurait plus besoin de manifester Notre Seigneur Jésus-Christ au monde ? Est-ce que ce n’est pas le principal rôle de l’Église ?

 

Un monde sans Jésus-Christ est un monde sans Dieu, un monde perdu, un monde qui se destine à aller aux enfers. Seul Jésus-Christ est notre salut, notre joie, notre raison d’être. Alors vous allez manifester que vous croyez en Notre Seigneur Jésus-Christ, que vous croyez en son sacerdoce, et en cela vous rendrez un service inappréciable aux âmes et à la sainte Église .

 

La soutane et l’uniforme militaire.

 

De même que le militaire endossant son uniforme sent très bien que si on vient l’appeler pour défendre les familles de son pays, les cités et sa patrie, il a une certaine responsabilité et doit être prêt pour partir au combat et donner son sang s’il le faut pour défendre les siens, de même le clerc qui revêt la soutane se sent prêt à servir Notre Seigneur Jésus-Christ, pour l’extension de son règne dans le monde et dans les âmes.

 

Il ne serait pas permis que nous, qui avons la grâce de croire en Notre Seigneur Jésus-Christ, nous ne soyons pas missionnaires. Vous le serez, mes chers amis ; vous le serez déjà par votre attitude, par votre habit, plus tard par la parole et par les sacrements que vous administrerez, et particulièrement le saint Sacrifice de la Messe ; vous serez missionnaires.

 

N’abandonnez pas ce qui fait de vous un prêtre ! Certes vous ne l’êtes pas encore ; vous faites un premier pas qui manifeste votre désir de le devenir. Mais je souhaite de tout mon cœur que vous y parveniez. Et déjà le monde vous jugera comme tels. Portant la soutane, désormais le monde vous jugera comme si vous étiez prêtres. Alors tâchez de vous conduire comme si vous l’étiez déjà, par votre exemple, par votre tenue, par votre attitude, par votre charité, par votre bonté, par votre sagesse ; soyez déjà de ceux qui apportent des solutions autour de vous. Ainsi l’honneur de Dieu sera sauf, la gloire de Dieu sera répandue dans le monde et les âmes se convertiront à Notre Seigneur Jésus-Christ.

 

Je souhaite vivement qu’un jour ceux d’entre vous qui deviendront prêtres avec la grâce de Dieu, seront pour vous, bien chers fidèles, des soutiens, des exemples, des guides, de vrais pasteurs, afin que vous soyez aidés sur le chemin qui doit vous mener à la vie éternelle, par la grâce de Dieu et avec le secours de la très sainte Vierge Marie."

 

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Extrait d'une étude de Mgr Jacques Masson sur le "cordon" et "l'étole".

 

Le cordon

 

Le Cérémonial des Évêques (Cæremoniale Episcoporum) de 1984 précise :

 

« Le vêtement sacré pour tous les ministres quel que soit leur grade commun est l'aube, serrée autour des reins par le cordon, sauf si elle est faite selon le mode de la soutane, afin qu'elle épouse le corps sans cordon. Avant de revêtir l'aube, si elle n'entoure pas parfaitement le col de l'habit commun, on revêtira l'amict »

Ce qui maintient l’usage obligatoire de la soutane, et, presque nécessairement l’usage de l’amict.

 

Le cordon ou cingulum est mis immédiatement sur l'aube pour la serrer à la taille et, par là, éviter que son ampleur gêne le prêtre dans ses mouvements. Le cordon est généralement blanc, mais il peut cependant suivre la couleur du jour et être de même teinte que l'ornement.

 

En le serrant autour de sa taille, le prêtre récite la prière suivante :

« Praecínge me, Dómine, cingulo puritátis, et extíngue in lumbis meis humórem libídinis; ut máneat in me virtus continéntiae et castitátis ».

« Ceignez-moi, ô Seigneur du cordon de la pureté, et éteignez en mes reins l’ardeur de concupiscence, afin que se maintienne en moi la vertu de la continence et de la chasteté »

 

Les prêtres dans la presque unanimité, et de très nombreux Pasteurs également, même quand ils apparaissent à la télévision, ont abandonné la soutane, et ensuite le clergyman, pour être comme tout le monde, comme tous les hommes. Et peu à peu, l’amict, le cordon , l’aube habituelle.

Avaient-ils besoin de recourir à ce « prétexte » pour découvrir en eux « l’animal » qui dort, la bête qui sommeille, la concupiscence qui n’est autre que le dérèglement des sens, dans la domaine de la chasteté notamment ?

N’ont-ils jamais ressenti ce « feu dévorant » de la concupiscence ? Seraient-ils de fer ou de marbre ?

Bien sûr que si, depuis leur enfance, ou presque ! Et alors, se consacrant corps et âme au Seigneur Jésus, notamment par le vœu de chasteté, ils ne peuvent pas ignorer la nécessité absolue de la prière, de l’intimité avec Dieu, pour rester fidèle au Christ, et à leur engagement. « Sans moi, vous ne pouvez rien faire, » disait le Maître : c’est particulièrement vrai dans ce domaine.

 

Pourquoi ont-ils alors abandonné cette belle prière ? Par ignorance ? Par inconscience? Par présomption … ou pour être plus libres… pour faire comme tout les autres hommes ? Nul ne peut donner de réponse, et je m’en garderais bien !. Mais il y a un peu de tous ces motifs, à la base de l’abandon de cette prière, qui rappelle à chaque Consacré, le vœu qu’il a fait.

 

Les prêtres de ma génération n’ignoraient pas cette prière. Les prêtres qui ont été formés après 1969, n’ont pas pu la connaître, si on ne la leur a pas enseignée au séminaire ? Et pourquoi ne la leur a-t-on pas enseignée ?

En ce sens, on peut dire qu’il s’est produit une rupture dans la tradition de l’Eglise, dans ce domaine. Volontaire ? Subie ? par crainte de paraître « arriéré » ? Je laisse la réponse à d’autres, car la réponse n’est pas unique.

Mais, on peut dire sans jugement téméraire, que la faute revient d’abord à ceux qui ont eu la charge de les former, et aux Pasteurs qui n’ont pas veillé sur leur troupeau, comme ils auraient dû le faire, et sur la formation des futurs prêtres, « sicut pupillam oculi », comme sur la prunelle de leurs yeux !

Et pourtant, Saint Paul nous en avertit : « … Je ne fais pas le bien que je veux, et commets le mal que je ne veux pas…Quand je veux faire le bien, c’est le mal qui se présente à moi » (Romains, 7, 19.22)

 

En se ceignant du cordon, et en récitant cette prière, le prêtre ne fait pas un geste habituel et banal ! Ce geste lui rappelle sa fragilité humaine, le met en garde, et le fait se tourner vers Dieu afin que rien ne le sépare de Lui, et qu’il puisse être vraiment « alter Christus », un « autre Christ ».

 

Quelle imprudence ! Quelle inconscience, ou bien quel orgueil ! Et s’il était conscient… quelle perversion de s’approcher ainsi des Saints Mystères en état de péché mortel ! Je n’ose y croire… Et pourtant !

 

 

 

L’étole

 

L'étole, dérivé du latin stola qui signifie longue robe, lui-même du grec στολη (stolē), est un ornement liturgique de l'évêque, du prêtre et du diacre. Elle est l'insigne par excellence de la prêtrise.

 

L'étole, dans sa forme primitive, était une longue robe, garnie de deux bandes verticales, les clavi, comme sur la dalmatique. La robe a été supprimée, et il n'est resté que les bandes qui forment l'étole actuelle.

 

Il s'agit d'une bande de tissu ornée d'une petite croix placée au milieu. Le prêtre la laisse pendre de chaque côté tandis que le diacre la porte transversalement, tous deux par dessus l'aube ou le surplis pour la Messe et l'administration des Sacrements.

 

Avant 1969, à la messe, le simple prêtre la portait croisée sur la poitrine, et l'évêque décroisée, signe que le second dispose de la plénitude du sacerdoce, et non le premier.

 

Après 1969, c’était l’usage normal de croiser l’étole pour le prêtre, un geste qui vient de la cérémonie de l’ordination du prêtre : au moment où l’Evêque détache le côté droit de l’étole (portée de manière transversale par le diacre), pour la croiser devant la poitrine du nouveau prêtre, n’a jamais été supprimée. Et pourtant, la totalité a choisi ce qui était « permis » pour devenir la règle… Cela gênait vraiment de porter l’étole croisée ? Ah ! Mais il fallait le cordon ! Et l’aube classique ! et l’amict ! et la soutane ! Le pied sur la pente glissante !

 

Pourquoi, lorsqu’il y a un choix, choisir toujours ce qui s’éloigne de la Tradition ? « On enlève la barrette, et on se retrouve marié », disait Dom Roy, que j’ai déjà cité à plusieurs reprises !

 

C’est bien vrai ! C’est dans la ligne des choses : l’abandon de la soutane entraîne l’abandon de l’aube habituelle et de l’amict, et nécessairement l’abandon du cordon qui permettait de le fixer autour de la taille, et de croiser l’étole.

 

Et, à l’occasion des Messes concélébrées avec un grand nombre de prêtres, on assiste à un spectacle qui fait plus penser à l’armée de Bourbaki, qu’à une cérémonie religieuse. Des aubes « prénatal » plus ou moins à la grandeur de celui qui la porte, froissées la plupart du temps, parce que transportées dans des sacoches, des étoles « volantes » de toutes formes et de toutes les couleurs.

 

Et c’est ainsi que l’on ose se présenter devant Dieu, s’approcher de l’autel du Seigneur, pour baiser « l’autel » qui n’est plus , la plupart du temps qu’une table en bois qui remplace l’autel ancien parce qu’il « tournait le dos au peuple » ! (Quelle horreur, cette expression !!! ).

 

Là aussi, ils oublient que ce n’est pas « face au peuple » que l’on célèbre, mais face à la Croix, au Calvaire, tourné vers le Golgotha à Jérusalem : « Elevons notre cœur ! Nous le tournons vers le Seigneur ». Le Pape Benoît XVI l’a rappelé, et il célèbre « face à la Croix ». Ce que beaucoup lui reprochent, sans savoir bien pourquoi d’ailleurs : un prêtre colombien, ordonné dix ans plus tôt, ayant assisté à la Messe du Saint Père à la Basilique Saint-Pierre, m’a dit : « C’est ridicule, avec la Croix devant lui, on ne voit plus le Pape ! »… Qu’était-il « allé voir » à Saint-Pierre : le Pape, ou bien assister à la Sainte Messe, au Saint Sacrifice de la Messe, à la Célébration Eucharistique comme il est d’usage de dire à présent ?

 

Et quand ils montent à l’autel et embrassent l’autel, ils n’embrassent rien d’autre qu’une simple planche de bois ! Par habitude, parce que cela se fait. Ils ne savent même pas que le prêtre récitait alors une prière… Quand les gens se mettent à table, embrassent-ils la table qui les attend ?

 

On a perdu le bons sens, le sens des choses, leur signification religieuse profonde : c’est vraiment une « désacralisation » progressive qui avance comme un bulldozer, à laquelle nous assistons, et qui enlève progressivement tout ce qui appartenait « au passé ».

Là non plus, je ne veux pas être comme Clovis : brûler ce que j’ai adoré et adorer ce que j’ai brûlé ! NON POSSUMUS ! NON POSSUM !

 

Quant à la Croix qui est obligatoire, sur l’étole, toujours d’après le Cérémonial des Evêques de 1984, il y a bien longtemps qu’elle a disparu des étoles… Comme si un mot d’ordre avait été donné.

 

Mais enfin, en tout cela, n’y aurait-il pas un chef d’orchestre ? Le clergyman qui apparaît du jour au lendemain, par un coup de baguette magique de la fée Carabosse ; les chemises de clergyman qui, du jour au lendemain passent du noir au gris, et à toutes les couleurs ; les aubes « prénatal » qui, là aussi, d’un jour à l’autre, règnent en maîtresses dans les sacristies, alors que les anciennes aubes habituelles, plissées, avec dentelles ou sans dentelles, l’amict, et le cordon disparaissent, et sont reléguées Dieu sait où !

 

Et pourtant, là aussi, en revêtant l’étole, le prêtre récitait cette prière d’une grande richesse, qui lui rappelait sa condition d’être mortel à cause du péché, son indignité à s’approcher d’un Ministère aussi sacré, mais aussi qui lui faisait demander de mériter tout de de même la joie éternelle :

 

« Redde mihi, Dómine, stolam immortalitátis, quam pérdidi in praevaricatióne primi paréntis: et, quamvis indígnus accédo ad tuum sacrum mystérium, mérear tamen gáudium sempitérnum.

 

« Redonnez-moi Seigneur, l’étole (le vêtement) de l’immortalité, que j’ai perdu lors de la prévarication de mes premiers parents, et quoique je m’approche sans en en être digne de ton Ministère Sacré, que je puisse pourtant jouir de la joie éternelle ».

 

Mgr Jacques Masson

 

http://www.hermas.info/categorie-11008970.html

 

soutane.jpg

 

Tag(s) : #Liturgie Doctrine

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