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Saint Paul, père des Ermites, eut pour historien saint Jérôme.

Il naquit dans la Basse-Thébaïde, en Égypte, vers l’an 229, saint Urbain Ier étant pape et Alexandre Sévère empereur.

Orphelin dès l’âge de quinze ans et possesseur d’un très riche patrimoine, il abandonna tout pour obéir à l’impulsion divine. S’enfonçant dans la solitude, il arriva à une caverne creusée dans les flancs d’une montagne, et dans laquelle coulait une source limpide. Il prit ce lieu en affection et résolut d’y passer sa vie. Un palmier voisin lui fournissait son repas et son vêtement ; l’eau claire de la fontaine était son unique boisson.

 

Saint Paul avait vingt-deux ans quand il se retira du monde ; il vécut dans le désert jusqu’à l’âge de cent treize ans ; il passa donc quatre-vingt-onze ans sous le regard de Dieu et loin de la vue des hommes, et nul ne pourra jamais nous dire ni les merveilles de vertu qu’il a accomplies, ni les ineffables douceurs de sa vie pénitente et contemplative. La gloire de ce grand Saint est d’avoir frayé la voie du désert à d’innombrables générations de solitaires et de n’avoir été surpassé par personne dans la pratique de la prière et de la pénitence.

 

Deux faits cependant nous sont connus. Saint Paul avait quarante-trois ans quand Dieu Se chargea de le nourrir Lui-même en lui envoyant miraculeusement chaque jour, par un corbeau, la moitié d’un pain.

 

À l’âge de cent treize ans, il reçut la visite du saint solitaire Antoine. Saint Antoine, âgé de quatre-vingt-dix ans, avait été éprouvé par une tentation de vaine gloire, le démon essayant de lui suggérer qu’il était le plus parfait des solitaires. Mais Dieu lui avait ordonné en songe d’aller plus avant dans le désert, à la rencontre d’un solitaire bien plus parfait que lui. Après deux jours et une nuit de marche, saint Antoine suivit la trace d’une louve qui le conduisit jusqu’à la grotte où habitait saint Paul. Ce fut à grand’peine que le Saint voulut ouvrir sa porte au voyageur inconnu. Il ouvrit enfin ; les deux vieillards s’embrassèrent en s’appelant par leur nom et passèrent de longues heures à bénir Dieu.

Ce jour-là, le corbeau leur apporta un pain entier ; ils rendirent grâces au Seigneur, et s’assirent au bord de la fontaine pour prendre leur frugal repas. Saint Antoine, de retour dans sa solitude, disait à ses disciples : « Malheur à moi, pécheur, qui suis indigne d’être appelé serviteur de Dieu ! J’ai vu Élie, j’ai vu Jean dans le désert ; en un mot, j’ai vu Paul dans le paradis ».

 

Le jour étant venu, saint Paul parla ainsi à saint Antoine : « Il y a longtemps, mon frère, que je savais votre séjour en ce désert ; il y a longtemps que Dieu m’avait promis que vous emploieriez votre vie comme moi à Son service ; mais, parce que l’heure de mon heureux sommeil est arrivée, et qu’ayant toujours désiré avec ardeur d’être délivré de ce corps mortel pour m’unir à Jésus-Christ, il ne me reste plus, après avoir achevé ma course, que de recevoir la couronne de justice ; Notre-Seigneur vous a envoyé pour couvrir de terre ce pauvre corps, ou pour mieux dire, pour rendre la terre à la terre ».

 

À ces paroles, saint Antoine, fondant en pleurs et jetant mille soupirs, conjurait saint Paul de ne le point abandonner et de demander à Dieu qu’Il lui tint compagnie en ce voyage. À quoi il lui répondit : « Vous ne devez pas désirer ce qui vous est le plus commode, mais ce qui est le plus utile à votre prochain. Il n’y a point de doute que ce ne soit un extrême bonheur d’être déchargé du fardeau ennuyeux de cette chair pour suivre l’Agneau sans tache ; mais il importe au bien de vos frères d’être encore instruits par votre exemple ; ainsi, si ce ne vous est point trop d’incommodité, je vous supplie d’aller quérir le manteau que l’évêque saint Athanase vous a donné et de me l’apporter pour m’ensevelir ».

 

Or, saint Paul lui fit cette prière, non pas qu’il se souciât que son corps fut mis en terre, couvert ou découvert, lui qui avait vécu tant d’années sans autre vêtement que des feuilles de palmier ; mais afin que saint Antoine fût éloigné de lui au moment de sa mort, et n’en ressentît pas si vivement la douleur, et pour faire voir aussi qu’il suivait la Foi et était dans la communion de saint Athanase, ce défenseur invincible de la vérité catholique contre les Ariens.

 

Saint Paul mourut cette même année, et sa fosse fut creusée par deux lions du désert. Sa vie, parfaitement authentique, fut écrite par saint Jérôme, qui termina son récit par ces paroles : « Si Dieu m’en avait donné le choix, j’aimerais mieux la tunique de saint Paul avec ses mérites, que la pourpre des rois avec leur puissance ».

C’était l’an 342, saint Jules Ier étant pape, Constance II et Constant Ier empereurs.

 

En ce Temps après l’Épiphanie, consacré à la manifestation de la divinité de Jésus, pénétrons-nous, avec saint Paul, Ermite, de cette conviction que la vie chrétienne consiste à reconnaître le Christ comme Fils de Dieu et à nous sanctifier en rendant nôtre Sa sainteté divine.

 

Texte trouvé sur : cliquer.

 

 st-Paul-ermite.jpg

Tag(s) : #Liturgie Doctrine

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